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Le jatropha rouge et ses pseudo-vertus thérapeutiques

Abondamment partagées des dizaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux, les recettes thérapeutiques du jatropha gossypiifolia ou jatropha rouge ( plante originaire d’Amérique centrale et du Sud et très répandue en Afrique tropicale) abondent sur la toile et sont relayées un peu partout sur le continent africain. Les prétentions qu’on lui prête sur sa capacité à éliminer naturellement du corps humain le virus du VIH, lui ont valu le surnom de « au revoir SIDA ». Des remèdes préfabriqués et des recettes à préparer sont proposés pêle-mêle aux internautes par des individus se présentant comme phytothérapeutes ou naturothérapeutes, au risque de transformer une pratique qui frise l’arnaque en phénomène de santé publique.

D’entrée de jeu, il convient de préciser que contrairement à ce qu’affirment les auteurs de certaines publications, l’utilité du Jatropha dans la lutte contre le SIDA n’est pas avérée. Du moins, pas encore. Laura Ciaffi, infectiologue à l’Agence nationale de recherche sur le SIDA et les hépatites virales (ARNS) à Yaoundé, affirme dans ce sens que :« Cette plante ne guérit pas le SIDA ». Joshua Kimani, épidémiologiste et Directeur de la recherche clinique au bureau local de l’Université du Manitoba au Kenya, renchérit « Le jatropha gossypiifolia comme traitement du VIH/SIDA, c’est une fake news ». Le Directeur régional de l’organisme onusien pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre Patrick Brenny, pour sa part, déclare : « Notre partenaire du Programme commun, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dispose d’un système bien établi pour enquêter, évaluer et valider ou non les allégations relatives aux médicaments présentés comme des « remèdes » contre le VIH. Or, nous n’avons connaissance d’aucune recommandation de l’OMS concernant le jatropha gossypiifolia »

Au regard de ces déclarations des spécialistes en la matière sur la base d’études poussées, il est aisé de conclure que le jatropha rouge ne dispose d’aucune vertu thérapeutique dans la lutte ou la prévention du SIDA. Toute autre considération relèverait donc de la pure spéculation.

Néanmoins, cela ne lui enlève aucunement d’autres capacités avérées. On se sert, par exemple, des différentes parties du jatropha rouge pour des applications médicinales. Les graines sont riches en huile, et l’huile, elle-même, est utilisée comme purgatif et émétique drastiques pour expulser les parasites internes. En usage interne, l’huile a des vertus abortives, et en externe, c’est un rubéfiant qui permet de traiter les rhumatismes ainsi que toutes sortes d’infections dermatologiques, malgré les irritations qu’elle peut provoquer sur la peau. L’huile des graines est également utilisée dans les lampes à huile, comme combustible.

En définitive, à défaut de preuves scientifiquement validées c’est-à-dire irréfutables, il est recommandé de s’abstenir de relayer les informations véhiculées par quelques internautes en mal de sensation forte. Car, à ce stade, « il n’existe ni remède ni vaccin pour traiter et protéger toutes les personnes vivant avec le VIH ou qui y sont exposées« , a rappelé l’OMS dans son rapport de novembre 2020.

Birénam KODO

Afrique de l’Ouest
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