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Togo : Le marché à bétail d’Agbassa s’élargit.

Une nouvelle tendance de consommation dans la région de la Kara rejaillit sur les acteurs du commerce du bétail au marché d’Aloum-Broukou (Canton situé à 50 km de Kara). Pour répondre aux besoins croissants des populations locales, le parc à bœufs d’Agbassa inauguré début juin 2016 y a été transféré. Les résidents du canton de la commune de Doufelgou 3, des commerçants des localités environnantes et des pays voisins du Togo (Bénin, Ghana), à la quête des produits de terroir naturels de saison, cultivés ou fabriqués artisanalement sur place, affluent vers ce marché. Enquête sur un phénomène de société.

La vente d’animaux (ovins et caprins et gros bétail) a le vent en poupe à Broukou car, chaque commerçant et éleveur trouve toujours un débouché après s’être rendu au marché à bétail. Tant les produits alimentaires (lait, légumes, ignames, viande) y sont abondants. Une opportunité qui draine de nombreux visiteurs qui ont vite compris qu’ils vivent désormais une tendance de fond qui n’est pas prête de s’arrêter dans leur localité d’approvisionnement.

Le site Broukou d’Agbassa construit sur 3 500 m2 est connu pour sa terre fertile et pour avoir abrité, par le passé, un grand projet agricole. Des jeunes y avaient été installés.

Au-delà de cette réputation, synonyme d’importantes activités agricoles dans la région, la localité s’est transformée en un centre commercial, devenant ainsi un point de collecte des produits agricoles qui alimente les grandes villes de la région de la Kara (Kara, Niamtougou, Bafilo, Bassar, Guerin-Kouka…).

Le marché se fait plus visible.

Créé à l’origine pour atténuer les problèmes de mobilité du bétail au Togo et en Afrique de l’Ouest, le site d’Agbassa faisait office de passage/couloir pour les transhumants. Il s’est déplacé à Aloum-Broukou pour devenir un important marché à bétail qui se confond au marché local où sont proposés divers produits de première nécessité. Ses premiers clients sont les transhumants et leurs visiteurs qui arrivent pour des négociations d’achats des bœufs de trait.

Au regard de cette dynamique, les partenaires financiers s’y sont investis pour « permettre aux populations de continuer à s’approvisionner en bœufs de trait afin de développer la culture attelée et surtout pour développer la culture de coton déjà à la mode dans la région« , relève M. Tadalenga Yatombo, coordonnateur de l’ONG Gestion de l’environnement et valorisation des produits agropastoraux et forestiers (GEVAPAF), maitre d’œuvre de la structure.

Pour une transition plus apaisée dans le milieu, l’organisation non-gouvernementale a réalisé des aménagements (traçage de pistes, construction de parc et fondation de points d’eau) facilitant la transhumance vers le Sud-Ouest (Bassar, Guérin-Kouka, Ghana).

La transhumance a favorisé la diversification des spéculations répondant aux divers besoins des commerçants et des « propriétaires » de bétail qui ne cessent de transiter par Broukou, pour plusieurs jours, voire des semaines avant de poursuivre, ou non, leurs aventures. Ainsi, l’aire d’influence du marché s’est progressivement agrandi tout comme les activités commerciales.

« La transhumance a un intérêt positif, ici, dans cette zone agropastorale. Ceci est dû au fait que les agriculteurs n’ont plus besoin de parcourir une longue distance pour emprunter ou louer des bœufs de trait avant d’exercer leurs activités. Ils en achètent sur place  » fait remarquer M. Tadalenga Yatombo.

La commune d’Aloum-Broukou y trouve également pour son compte chaque semaine. « Nous collectons entre 130 et 150 000 FCFA pour les taxes, et lors des marchés hebdomadaires qui s’animent chaque vendredi, nous percevons jusqu’à 200 000 FCFA », fait savoir M. Kegbéru Djalao, un des techniciens de la mairie. « Nous souhaitons à présent l’agrandissement du parc à bœufs qui ne peut plus accueillir au-delà de 300 animaux. Il est débordé », reconnait-il.   

Les distributeurs à l’assaut des produits locaux et régionaux 

Les consommateurs sont friands des produits locaux et leurs demandes s’amplifient. Face à cette situation, les commerçants trouvent des stratégies pour gagner des circuits courts. Et ils sont de plus en plus nombreux dans le domaine, tout comme les petits producteurs qui trouvent aussi, par ce canal, de nouveaux débouchés de vente. Selon M. Kegbéru Djalao, « on peut dire que : « la politique du consommer local est en marche et donc, bonne pour le citoyen aussi ».

Les autorités communales, dans leur ensemble, ne manquent pas d’exprimer leur fierté par rapport aux dispositions prises pour améliorer la vie économique du milieu : « Broukou est devenu un point qui présente toutes les potentialités du commerce de bétail. Aujourd’hui, nous avons une satisfaction totale des acteurs de la filière. Les animaux sont abattus et leur viande conditionnée sur place pour la vente. Les femmes ont créé des activités commerciales parallèles. Il y a une pharmacie vétérinaire » pointe M. Kegbéru Djalao. Il relèvela présence des éléments des forces de sécuritéqui, dit-il, « rassurent plus d’un Les différents acteurs se départissent de la peur d’être braqués et sont ainsi encouragés dans leurs activités ».

Les produits les plus recherchés

Ce sont, bien entendu, les productions agricoles telles que les fruits et légumes, les ignames, les produits laitiers, la viande (porc, bœuf ou volaille) qui remportent l’adhésion en priorité. Des produits de terroir de saison, cultivés ou fabriqués artisanalement sont aussi appréciés. Ces secteurs donnent vie et espoir aux petits commerces, aux agriculteurs et artisans qui misent désormais sur leurs produits, leur savoir-faire, en respectant les besoins comme les attentes des consommateurs.

L’optimisme des autorités locales est sans ambages lorsqu’elles croient que « la production artisanale et la distribution locale, aux origines diverses, permettent aux populations de s’ancrer dans leurs localités, en travaillant les terres, générant ainsi des revenus et des emplois agricoles ».

Et c’est, à leur entendement, un gage pour freiner l’exode rural.

Jacques Sourou DOUTI

Préparation du site
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