1,4 million d’hectares d’espaces forestiers en voie de restauration

/

Identifiés comme les premières victimes des répercussions négatives causées par les changements climatiques, les populations rurales en général et les producteurs agricoles en particulier, ignorent pourtant les chocs environnementaux causés par leurs activités. C’est ce qui ressort d’une étude publiée en juin 2020 dans le Journal of Environmental Management. Dans l’optique de rectifier le tir, les décideurs comptent désormais associer cette frange de la population aux projets de conservation et de restauration des paysages forestiers et des aires protégées.

Dans ce contexte, les Organisations des Producteurs Forestiers et Agricoles togolaises (OPFA) sont mises à contribution à travers le Mécanisme Forêts et Paysans (FFF) dont la deuxième phase a démarré en 2019. Ce projet ambitionne, d’ici la fin de la décennie courante, la restauration de 30 millions d’hectares d’espaces déboisés sur le continent africain dont 1,4 million d’hectares au Togo.

Du dialogue national qui s’est déroulé le 18 février 2021 sous la houlette de la Coordination Togolaise des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles (CTOP) avec l’appui de la FAO et qui a impliqué la société civile, le Gouvernement et une trentaine d’OPFA, il ressort des résolutions et des recommandations dont nous publions la teneur ci-dessous.

Il convient de rappeler que le Programme des Nations Unies pour l’environnement prévoit que le continent africain sera le plus frappé par les changements climatiques. Selon les études, entre 75 et 250 millions de personnes seront exposées à une pénurie accrue en eau de consommation et les rendements des pays en matière d’agriculture pluviale pourraient être réduits jusqu’à 50% en 2020

S’il est vrai que les populations rurales, les exploitants forestiers agricoles sont déjà victimes des conséquences de la déforestation galopante, il faille les sensibiliser et créer un cadre d’échanges et de concertation permanent afin de trouver des solutions pérennes pour la conservation des paysages forestiers. Cela passe entre autres par des formations en culture de pépinières destinées au reboisement, la lutte contre les feux de brousse, les coupes anarchiques de bois de chauffage et de grumes, le pâturage du bétail dans les aires protégées.“relève Aboudoumisalilou ISSIFOU, Facilitateur national du projet FFF à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Togo. Il ajoute, par ailleurs, que :  “Nous avons formé les OPFA à initier des activités génératrices de revenus comme l’apiculture, la production et la vente de plants agroforestiers, la fabrication de beurre de karité, d’huile de palme, de savon, de moutarde, ainsi que la carbonisation efficiente à l’aide de la meule casamançaise. Bref, nous avons adopté une approche inclusive et participative pour limiter la déforestation qui entraine de facto les changements climatiques

A ce jour, le Mécanisme Forêts et Paysans couvre 35 OPFA dans quatre régions administratives du Togo (Maritime, Plateaux, Centrale, Kara) et prévoit atteindre la région des Savanes en 2021.

Julles AHADO

A lire : extrait des recommandations à l’issue du dialogue national entre les OPFA et la CTOP

× Avez vous des questions?